La recherche vocale : quelles conséquences pour la veille et la recherche d’informations ?

Auteur : Carole Tisserand-Barthole

A écouter les dirigeants de Google ces derniers mois, la voix est l’avenir de la recherche sur le Web.

Après les évolutions des moteurs et notamment de Google vers la recherche sémantique (voir notre article « La mort annoncée de la recherche booléenne ? » - BASES n°340 – Septembre 2016), l’heure serait donc à la recherche vocale.

Si les évolutions de la recherche sémantique ont bien impacté les pratiques de recherches d’information professionnelles et de veille, peut-on en dire de même pour la recherche vocale ?

Depuis le début de l’année, on voit fleurir diverses études montrant l’utilisation croissante de la recherche vocale, notamment aux Etats-Unis. Mais que nous disent-elles exactement ?

Une première étude menée par le site Stone Temple et publiée en janvier 2017 sur les usages de la recherche vocale montre effectivement que cette pratique se développe aux Etats-Unis :

  • plus de 60% des répondants utilisent plus ou moins régulièrement la recherche vocale
  • MAIS cette pratique a essentiellement lieu à la maison quand la personne est seule (plus de 60% de répondants) même si 40% tout de même indiquent l’utiliser au travail quand ils sont seuls et 20% quand ils sont entourés de collègues
  • et les utilisateurs cherchent des réponses directes à leurs questions.

On est donc plutôt dans la sphère privée que professionnelle et les questions posées sont simples et d’ordre pratique comme trouver l’adresse d’un restaurant ou l’horaire d’une séance de cinéma.

D’autre part, Google a récemment annoncé que 20% des recherches réalisées sur téléphones Android utilisaient la recherche vocale. Chiffre qui pourrait grimper à plus de 50% en 2020 d’après leurs estimations.

On notera également le développement important des assistants personnels comme Alexa, Google Assistant, Cortana ou Siri, qui, en plus de jouer votre morceau de musique préférée, enregistrer vos rendez-vous ou vous donner la météo du jour vous permettent également de lancer des recherches.
Aux Etats-Unis toujours, une étude menée au premier trimestre 2017 par FiveSight Research montrait d’ailleurs que le deuxième moteur de recherche mobile cité après Google n’était autre que Siri, l’assistant vocal d’Apple. L’écart restant cependant très large avec 84% des gens citant Google et 6% seulement Siri suivi d’autres moteurs.

Mais pour autant, cette évolution bien réelle pose un problème pour les professionnels de l’information si elle devient la norme.

Réaliser des recherches d’informations professionnelles à haute-voix sur son lieu de travail est d’une part plutôt ennuyeux et dérangeant pour ses collègues mais surtout n’apporte aucune valeur ajoutée à la recherche elle-même et aux résultats.

La veille et la recherche d’informations nécessitent des réponses et des résultats qui vont bien au delà d’une simple réponse courte et unique. Et c’est malheureusement dans cette voie que le géant américain semble se diriger...

Lors du salon E-commerce One To One de Monaco, le 22 mars 2017, Google a animé une conférence intitulée "l’âge de l’assistance" où ses dirigeants ont tout simplement annoncé la mort prochaine des moteurs de recherche traditionnels, au profit de l’avènement de l’assistance.

Le but : proposer le plus rapidement et directement possible une réponse aux besoins de l’utilisateur.

C’est ainsi que dans les résultats du moteur Google, on trouve désormais des featured snippets avec un seul résultat mis en exergue ou que les assistants personnels répondent à votre question avec une seule réponse ou une petite sélection de résultats.

Rappelons qu’un featured snippet est un mode de présentation de résultat utilisé par Google et qui consiste à présenter dans un cadre spécifique une partie ou la totalité de la réponse correspondant à la requête de l’internaute au dessus des résultats organiques traditionnels. » (source : definitions-marketing.com)

Or, si une unique réponse peut suffire dans certains cas particuliers, cela va à l’encontre même de la définition du métier de professionnel de l’information, qui sélectionne l’information, la qualifie, la synthétise et l’analyse.

Si cette évolution devient la norme pour Google, les professionnels n’auront d’autres choix que de se tourner vers d’autres moteurs. A condition que ceux-ci ne prennent pas la même voie et qu’ils améliorent la pertinence de leurs algorithmes et leurs fonctionnalités de recherche, souvent bien en-deçà de ce que propose Google actuellement...

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