Microsoft Academic : enfin une alternative crédible à Google Scholar ?

Si tout le monde ou presque connaît Bing, le moteur de recherche Web de Microsoft sans pour autant l’utiliser, on en oublie parfois que Microsoft a également développé un moteur de recherche académique à l’image de Google Scholar.

A l’heure où Microsoft se prépare à lancer une nouvelle version de son moteur académique et pour faire suite à notre précédent billet sur les nouveaux moteurs de recherche académiques, Microsoft Academic pourrait-il enfin devenir une alternative crédible à Google Scholar ?

Microsoft, éternel second derrière Google ?

La rivalité entre Microsoft et Google ne date pas d’hier...

Depuis longtemps maintenant, Microsoft avec son moteur Bing fait figure d’éternel second sur le marché de la recherche Web, bien loin derrière Google.

Cependant, depuis quelques années, Microsoft avait réussi à prendre l’avantage en matière de recherche visuelle et d’images en proposant des fonctionnalités très innovantes.

Sur ce même sujet, voir notre article « La guerre Bing versus Google : Bing contre-attaque sur de nouveaux terrains »

Cependant, les dernières annonces de Google laissent présupposer que le géant américain est en train de combler son retard en la matière.

Et du côté des moteurs de recherche académiques gratuits, Google Scholar tient encore une fois le haut de l’affiche. A tel point qu’on en oublie parfois que Microsoft, lui aussi, a développé son propre produit : Microsoft Academic.

Microsoft Academic : une histoire en dents de scie

A l’origine, il y a le moteur Windows Live Academic Search lancé en 2006 pour concurrencer Google Scholar. Après plusieurs changements de noms, l’outil avait fermé ses portes en 2012.

Et ce n’est qu’en 2016 que le moteur académique désormais appelé Microsoft Academic avait été relancé. Microsoft avait alors décidé de parier sur un positionnement différent de celui de Google Scholar en insistant sur le caractère sémantique de son nouveau produit et sur le recours au machine learning.

Microsoft Academic : un moteur à part ?

Depuis quelques jours, Microsoft Academic propose à ses utilisateurs de tester sa nouvelle interface à l’adresse https://preview.academic.microsoft.com.

S’il s’agit essentiellement d’une refonte visuelle de l’interface du moteur, qui le rend plus agréable à l’utilisation, quel est aujourd’hui l’intérêt de Microsoft Academic dans un contexte de recherche bibliographique ou revue de littérature ?

Est-ce simplement une copie de Google Scholar mais en moins bien ou propose t-il une réelle valeur ajoutée ?

Un index de taille équivalente à Google Scholar

Microsoft Academic revendique indexer plus de 200 millions de documents scientifiques et académiques.

Même si Google Scholar ne communique pas sur le sujet, plusieurs études estiment son index autour des 200 millions de documents également.

Une différenciation majeure autour des fonctionnalités de recherche

Mais là où Microsoft Academic s’avère quelque peu déroutant pour les professionnels de l’information et très éloigné de Google Scholar et des outils de recherche classiques, c’est qu’il abandonne complètement la recherche booléenne et la recherche par mot-clé classique.

Et comme le dit la page d’aide de Microsoft Academic : « Microsoft Academic est un moteur de recherche sémantique, pas un moteur de recherche par mot-clé ». On est prévenu !

Les longues requêtes booléennes ne fournissent généralement aucun résultat.

Et les requêtes précises et ciblées en langage naturel fournissent un nombre de résultats très faible bien que pertinents.

Microsoft Academic repose sur un système de reconnaissance des entités nommées qui sont au nombre de sept :

  • Affiliation
  • Author
  • Conference series
  • Field of Study
  • Journal
  • Title
  • Year

Et une fois la recherche lancée, cela permet à Microsoft Academic de proposer des filtres par date, auteur, institutions, sujet, revue, conférence, etc. Ce que Google Scholar ne propose pas.

Et c’est sur ce système d’entités et de filtres qu’il faut s’appuyer pour réaliser sa recherche d’information dans Microsoft Academic et oublier les requêtes booléennes classiques.

Forces et faiblesses de Microsoft Academic

Forces

  • le système de filtres ;
  • la possibilité de visualiser l’intégralité des résultats aussi nombreux soient-ils. Google Scholar, lui, se limite aux 1 000 premiers résultats ;
  • les recommandations d’articles similaires ;
  • la liste des références citées dans l’article et des citations de l’article (même si ce n’est pas systématique) qui peuvent être complémentaires de ce que propose Google Scholar ou d’autres outils de recherche académiques ;
  • l’existence d’une API pour les développeurs et les éditeurs d’outils ;
  • l’existence de données analytiques et classements par topic, institution, auteur ou encore revue : Top authors, Top journals, Top conferences, Top Institutions, etc.

Faiblesses

  • l’absence d’explications très précises sur le fonctionnement du moteur et la meilleure façon d'y faire des recherches ;
  • Il est dommage que le moteur ne permette pas d’allier recherche booléenne classique et recherche sémantique ;
  • malgré tout, le nombre de résultats reste assez faible comparé à ce que peuvent proposer d’autres moteurs académiques.

Au final, Microsoft ne va certainement pas remplacer Google Scholar dans les années à venir mais pourra être envisagé en complément.

Et on ne le rappellera jamais assez : tous ces outils gratuits, aussi intéressants soient-ils, restent très loin des fonctionnalités de recherche puissantes offertes par les serveurs et bases de données professionnelles payantes.

Pour tout savoir sur les alternatives à Google Scholar, nous vous invitons à lire le dernier numéro de BASES n°361 (12 pages) intitulé « Recherche d’information académique : enfin une comparaison concrète entre gratuit et payant » où nous analysons la performance d’une dizaine d’outils de recherche scientifique et académique.

Auteur : Carole Tisserand-Barthole, Rédactrice en chef de BASES et NETSOURCES

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